Forum Global de lutte contre le terrorisme à oran : La question du Sahel au centre des débats - Mauritanie Perspectives

Forum Global de lutte contre le terrorisme à oran : La question du Sahel au centre des débats

Coprésidé par l’Algérie et le Canada, le groupe de travail régional sur le Sahel se réunit, ce lundi à Oran, avec un ordre du jour précis : la lutte antiterroriste dans cette partie du monde. Ce groupe de travail qui se réunit sur cette question pour la seconde fois intervient dans le cadre du Forum global de lutte contre le terrorisme (FGCT). En effet, une première réunion du groupe de travail sur le Sahel s’est tenue à Alger, en novembre 2011. Cette réunion avait abouti à l’adoption d’un plan d’action connu sous le nom de Mémorandum d’Alger.

Il comprend les bonnes pratiques en matière de prévention des enlèvements contre des rançons par des terroristes et l’élimination des avantages qui en découlent.

 

Ce mémorandum a été adopté lors de la réunion du Forum global contre le terrorisme tenue à Abu Dhabi fin 2012. Dernièrement, le Conseil de sécurité de l’Onu s’est déclaré «résolu» à lutter contre le versement de rançons dans les prises d’otages en prenant acte du «Mémorandum d’Alger».
C’est ce plan qui fera l’objet, après-demain, d’une évaluation et d’une actualisation à la lumière des nouveaux développements intervenus ou en cours dans la région. En effet, même s’il est complexe ou fragile, l’accord préliminaire signé à Ouagadougou entre le gouvernement de transition malien et les mouvements rebelles touareg introduit un nouveau paramètre que le groupe de travail va certainement aborder à Oran puisqu’il ouvre une fenêtre sur la tenue, en juillet prochain, du premier tour de l’élection présidentielle sur l’ensemble du territoire malien. La coopération de plus en plus évidente entre les groupes terroristes (Aqmi, Boko Haram et les Shebab) et leur «reconversion» dans les narcotrafics, ainsi que l’attitude conciliante de certains États dans le paiement des rançons aux preneurs d’otages figurent aussi parmi les points de la rencontre. À Alger, sous la coprésidence de l’Algérie et du Canada, la première réunion du groupe de travail sur le Sahel avait regroupé plus de 180 participants, dont les représentants de pays du Sahel et de pays voisins (Burkina Faso, Tchad, Guinée-Conakry, Libye, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tunisie), et d’organisations internationales (Union africaine/Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), Nations unies, Interpol).
Les participants ont examiné plusieurs dossiers, notamment la sécurité frontalière, la lutte contre le financement du terrorisme, la coopération entre les services de police, mais une nouvelle donne a rendu encore plus complexes les obstacles qui se dressent face aux efforts de paix : la jonction sur le terrain entre des organisations terroristes Aqmi, Boko Haram et les Shebab. Le résumé des rapports de la réunion d’Alger fait d’ailleurs explicitement référence à cette menace qui est le fait de trois principales organisations terroristes en question qui coopèrent entre elles et se partagent leurs meilleures pratiques.
Ce lundi, il est prévu que les 29 pays, y compris ceux du Sahel, prennent part à cette rencontre qui verra aussi la présence de participants dépêchés par l’Onu et l’UE.
L’un des points de l’ordre du jour de cette rencontre traitera du mémorandum d’Alger portant sur la prohibition du paiement des rançons et sur les mutations de l’activité terroriste au Sahel vers celle du narcotrafic.
D’autres points figurent également dans l’agenda des travaux : la sécurité frontalière, le renforcement de la coopération juridique et judiciaire, le financement du terrorisme, l’engagement communautaire, le développement et l’implication de la société civile dans la lutte contre l’extrémisme et la radicalisation.

Nouvelle initiative de l’Algérie ?
Bien avant les événements de Libye, l’Algérie avait appelé à «lutter ensemble» contre ce fléau transnational, ce qui avait donné naissance au concept des pays du champ (Algérie, Mauritanie, Niger et Mali). L’Algérie avait abrité la première réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de la région sur cette question, avec pour thème : «Sécurité et développement». En plus des pays du champ, d’autres pays partenaires ont été sollicités, tels que les États-Unis d’Amérique, la Russie et l’Union européenne, lors de la conférence d’Alger en septembre 2011, laquelle avait conclu que la solution au Sahel devait être «globale» et basée sur la sécurité et le développement.
Aussi, on s’attend à ce que l’Algérie propose une nouvelle initiative dans le cadre de la stratégie mondiale de la lutte contre le terrorisme en tenant en compte les mutations que connaît ce fléau.
Le conseiller à la présidence de la République, Kamel Rezzag-Bara a, en effet, récemment évoqué cette question en estimant que “le terrorisme djihadiste ou à fondements confessionnels est en train de laisser la place, de plus en plus, à d’autres formes de terrorisme, notamment le narco-terrorisme. Cette jonction du crime organisé avec le commerce des stupéfiants et les trafics de tous genres fait obstacle aux efforts de développement en Afrique et nécessite une coopération accrue tant au niveau continental qu’international».
L’Algérie a été l’un des premiers pays à pointer du doigt le versement des rançons aux terroristes et à œuvrer pour la criminalisation de cette formule qui finance et renforce dangereusement les groupes terroristes.
M. Koursi

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *