Des professeurs venus du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest ont appelé à la nécessité d’améliorer le niveau d’éducation dans la région.
La réussite du développement, au Maghreb et en Afrique, ne pourra passer que par l’augmentation des taux d’alphabétisation.
Telle est la conclusion des experts à l’issue d’un atelier de travail régional portant sur l’analphabétisme et l’éducation non formelle qui s’est achevé le 28 février.
Seize professeurs spécialisés dans ce domaine et venus de Mauritanie, du Maroc, de Tunisie, du Mali, du Sénégal et du Burkina Faso ont participé à cet atelier de trois jours organisé par l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture (ISESCO) au siège de l’UNESCO à Nouakchott.
Les experts ont émis plusieurs recommandations, appelant à l’adoption d’une politique visant à former les générations selon des programmes modernes, à donner aux formateurs des manuels conformes aux systèmes modernes et à fournir des guides de formation aux universités et instituts de formation.
Ils ont appelé à la formation technologique de cadres techniques dans les Etats membres, afin d’effectuer évaluation et suivi à l’aide de matériaux didactiques et de fournir un soutien aux Etats membres de l’ISESCO pour leur permettre d’améliorer leurs mécanismes éducatifs.
« Cet atelier a donné aux participants une vision nouvelle du fonctionnement de l’éducation, parce que l’éducation non formelle requiert des outils et des spécialistes en termes de préparation, de vision, de gestion et d’utilisation des matériaux didactiques spécifiques à l’alphabétisation, » a déclaré à Magharebia Taher Ould Ahmed, spécialiste mauritanien de la direction et de la gestion des systèmes éducatifs.
Cet atelier international, le premier de ce type, pourrait permettre de développer l’efficacité des cadres spécialistes de l’alphabétisation dans les pays du Maghreb et d’Afrique qui y ont pris part, si la culture de ces pratiques est mise en œuvre à tous les niveaux, a ajouté Ould Ahmed.
« Je suis très optimiste concernant la réalisation des objectifs définis par cet atelier, parce que la mise en œuvre des recommandations émises va faire l’objet d’une réunion des ministres des Etats membres », a-t-il conclu.
Spécialiste de l’éducation et de la formation à l’ISESCO, Hasan Madi a pour sa part relevé que « les matériaux fournis grâce à cet atelier vont sans aucun doute améliorer l’efficacité des spécialistes de l’alphabétisation, parce qu’ils abordent tout ce qui permet d’accroître les capacités dans différents domaines, de remédier aux faiblesses, de tenter de répondre aux problèmes soulevés de manière scientifique et en recherchant les capacités permettant de les surmonter. »
« Le développement, dans les pays du Maghreb, ne pourra être amplifié et stimulé que par une évolution des cadres locaux, » a expliqué Madi.
« En tant qu’observateur des programmes de l’ISESCO depuis un certain temps et dans de nombreux pays, particulièrement en Afrique, j’ai constaté que le développement des niveaux locaux d’alphabétisation avait entraîné des résultats positifs, la majorité des pays africains ayant axé un effort sur l’alphabétisation », a-t-il fait remarquer.
Néanmoins, Madi a émis un avertissement : la diffusion de l’éducation demande beaucoup d’efforts, d’argent et d’expérience. Il a également souligné que la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie et la Libye « présentaient un taux d’analphabétisme supérieur à quatre-vingt quinze pour cent, qui est désormais tombé dans une fourchette allant de trente à quarante pour cent ».
« Nous savons qu’aucun développement n’est possible si nous ne mettons pas fin à l’analphabétisme, car ce dernier rend difficile tout changement et toute décision informée », a-t-il indiqué.
Un autre volet de l’atelier, destiné aux spécialistes, était consacré au partage des expériences et des réussites des différents pays des participants.
« J’ai eu l’occasion de présenter les derniers matériaux didactiques produits par la Tunisie pour les électeurs illettrés. Il s’agit d’un sac aux contenus éducatifs multiples, » a expliqué à Magharebia Abdel Kaoui Mohamed, inspecteur régional de l’éducation sociale en Tunisie et spécialiste de la rédaction de programmes et de guides.
Son objectif est d’aider les électeurs qui ne peuvent lire. Le programme qu’il a développé, a-t-il dit, doit servir à « les aider à acquérir une compétence de participation à la vie politique ».
« Il s’agit finalement d’un investissement en capital humain, parce que l’analphabétisme entrave le développement de l’humain », a-t-il relevé.
Source :www.magharebia.com
Date :08/03/13