Une nouvelle station de radio en Mauritanie - Mauritanie Perspectives

Une nouvelle station de radio en Mauritanie

Le directeur d’une nouvelle station de radio en Mauritanie estime important de signaler les activités des djihadistes afin de rester vigilants.

Ahmed Ould Abah est le directeur de la station radio récemment autorisée Sahara Media, l’une des cinq à avoir récemment reçu un agrément de la part du gouvernement mauritanien.

Cette station se distingue par sa ligne éditoriale originale centrée sur les affaires liées au terrorisme au Sahel. Ces derniers mois, Sahara Media a obtenu les droits de diffusion exclusifs de certaines des activités d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

Magharebia a rencontré Ould Abah.

Magharebia : Comment vous est venue l’idée de vous spécialiser dans les affaires du Sahel ?

Ahmed Ould Abah : Ce que nous faisons n’est pas tant un travail de spécialistes qu’une couverture des événements survenant dans le Sahel en général. Cette région intéresse au premier chef la Mauritanie. Nous sommes une station de radio mauritanienne qui s’attache à tout ce qui a trait aux Mauritaniens et à leur sécurité, et par conséquent, il était nécesssaire que nous portions notre attention sur cette région. Nous pensons que la crise au Mali ne concerne pas que le seul Mali, mais également la Mauritanie, le Niger et d’autres pays du Sahel.

Le second point est que les groupes djihadistes qui se trouvent dans la région comprennent de jeunes Mauritaniens dans leurs rangs, ce qui ne fait que renforcer l’attention que nous portons à la région et au terrorisme.

Magharebia : Comment surveillez-vous les événements actuels sur une base quotidienne, sachant qu’il est difficile de communiquer avec les djihadistes et de suivre leurs informations ?

Ould Abah : Nous nous appuyons sur des correspondants sur le terrain qui sont originaires de la région, ainsi que sur d’autres sources que nous avons développées il y a des années au Sahel. Grâce à ces sources et à cette présence sur le terrain, nous sommes en mesure d’obtenir des informations exclusives. Mais ce à quoi nous nous attachons en permanence, c’est au professionnalisme de cette couverture et à l’objectivité des informations, ce qui fait de nous une source fiable pour toutes les parties présentes dans l’Azaouad.

Magharebia : Quel rôle une station de radio peut-elle jouer dans le renforcement de la sécurité au Sahel, tout en tentant d’obtenir des scoops dans ses informations sur le terrorisme ?

Ould Abah : Je pense qu’il n’y a rien de contradictoire entre les deux, tant que nous traitons ces informations de manière professionnelle et prudente. Si, par exemple, nous publions une mise en garde d’al-Qaida concernant des projets d’attentats contre certaines cibles, les citoyens se sentiront menacés et seront prudents, mais en même temps, ils disposeront d’informations complètes.

Magharebia : Comment jugez-vous la situation dans le nord du Mali ? Y a-t-il selon vous des perspectives de solution prochaine ?

Ould Abah : C’est une situation extrêmement complexe, qui résulte de la présence de nombreuses parties. Nous sommes en présence de plusieurs cadres.

D’une part, il existe une différence entre le Mouvement national pour la libération de l’Azaouad (MNLA) et les groupes djihadistes islamistes, et d’autre part, ces groupes affichent des divergences internes. Les populations et les tribus locales ont leurs propres différences internes.

S’y ajoute le fait que le sud du Mali connaît également une instabilité, avec un régime mi-civil, mi-militaire, et qu’au sein du régime militaire lui-même, il existe de fortes différences entre les partisans de Sanogo et les officiers supérieurs. Les pays du champ ne vivent pas en parfaite harmonie, et la France et l’Amérique ne sont pas d’accord sur la politique à mener pour apporter une solution à cette crise.

Tous ces facteurs rendent difficile le fait de parvenir à une solution dans un avenir proche, et cette crise devrait perdurer pendant encore longtemps.

Au total, il est actuellement difficile d’envisager des solutions pacifiques, et l’option militaire n’est pas toujours une solution.

Entretien par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott – 21/12/12

Source : Magharebia.com.

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